Le secteur des transports est en ligne de mire des cyberattaques. Et face à l’essor des menaces OT et IoT, Nozomi Networks révèle les tendances clés à surveiller.
Les cyberattaques ne cessent de se multiplier et touchent désormais les infrastructures critiques françaises et mondiales. D’après le rapport « OT/IoT Cybersecurity Trends and Insights » publié par Nozomi Networks, le secteur des transports devient la cible privilégiée des hackers. La France voit même grimper les interceptions de données (AiTM). Cette évolution souligne la nécessité urgente pour les entreprises d’adopter des stratégies robustes de cybersécurité.
En bref :
- Menace sectorielle : Le secteur des transports et de la logistique s’impose comme la cible numéro un des attaques visant les environnements industriels (OT/IoT).
- Vecteurs d’attaque dominants : Les techniques d’interception de type Adversary-in-the-Middle (AiTM) et la falsification de données dépassent désormais les traditionnels dénis de service (DoS).
- L’intégration de la plateforme de Nozomi avec l’IA défensive de Bastazo permet désormais d’automatiser les playbooks de correction pour combler l’accélération des attaques générées par les IA offensives.
Les tendances de la menace OT/IoT selon Nozomi Networks
La cybersécurité OT (Operational Technology) et IoT (Internet of Things) englobe l’ensemble des pratiques, logiciels et architectures réseau dédiés à la surveillance et à la protection des équipements physiques. Cela regroupe les vannes, systèmes de signalisation, capteurs connectés et automates industriels.
Le rapport technique publié par Nozomi Networks confirme une évolution alarmante de la menace qui s’étend à l’échelle mondiale. Les réseaux de transport et la logistique devient aujourd’hui la cible prioritaire des campagnes offensives complexes. Et ce, devant le secteur manufacturier.
Une vulnérabilité accrue qui s’explique par la nature intrinsèquement distribuée des infrastructures de transport. On parle de la multiplication des points d’accès distants et des communications sans fil non sécurisées. Les aiguillages ferroviaires, terminaux portuaires, systèmes de traitement des bagages dans les aéroports, etc.
Le tableau ci-dessous synthétise les indicateurs clés de la menace identifiés par les laboratoires de recherche pour l’écosystème industriel :
Indicateurs Clés de la Menace Cyber-Industrielle
| Indicateur de menace | Statistique / Donnée clé | Conséquence opérationnelle | Acteur ou Vecteur principal |
|---|---|---|---|
| 🎯 Secteur le plus ciblé | Transports et Logistique | Risque de blocage en chaîne de l’approvisionnement | Groupes criminels et étatiques |
| ⚙️ Technique d’attaque n°1 | Adversary-in-the-Middle (AiTM) | Interception de trafic, vol d’identifiants techniques | Interceptions réseaux locales ou cloud |
| 📡 Menace sans fil majeure | 94 % de non-conformité 802.11w | Vulnérabilité aux attaques de désauthentification | Points d’accès pirates dans les hubs logistiques OT RISK |
| 💀 Acteur prédominant | Scattered Spider (42,9 % des alertes) |
Infiltration par ingénierie sociale et compromission d’accès | Utilisation intensive de techniques d’usurpation INTEL |
Innovations de défense : IA adverse et remédiation automatisée
- Le partenariat stratégique Bastazo – Nozomi Networks : ce jeudi 16 juillet 2026, Nozomi annonce officiellement l’intégration technologique entre Bastazo (plateforme de remédiation industrielle pilotée par l’IA) et Nozomi Networks. Une solution qui permet de générer de manière autonome des playbooks de remédiation détaillés. Ce qui dote les équipes techniques de plans d’action précis (correctifs logiciels ou mesures d’isolation alternatives) adaptés aux contraintes strictes de disponibilité et de sûreté des réseaux de transport.
- L’impact de l’IA adverse sur l’OT : Fin juin 2026, la direction technique de Nozomi Networks a alerté sur l’utilisation intensive des « Frontier AI » (modèles d’intelligence artificielle de pointe) par les attaquants. Le groupe criminel Scattered Spider l’utilise notamment pour identifier des vulnérabilités au sein d’environnements industriels spécifiques et concevoir des exploits complexes en un temps record. Face à cela, la défense périmétrique manuelle devient donc obsolète? Il faut que les opérateurs de transport déploient des solutions de détection d’anomalies comportementales continues.
Stratégies de défense et d’architecture réseau recommandées
Pour faire face à cette menace multivectorielle, les responsables de la cybersécurité des transports doivent réviser leurs priorités d’architecture. La réponse ne se trouve plus dans la simple mise en œuvre de barrières périmétriques. Elle est désormais dans la mise en place d’une résilience interne continue.
La première mesure indispensable est la micro-segmentation des réseaux. Il s’agit de cloisonner de manière stricte les réseaux d’administration bureautique de l’entreprise des réseaux opérationnels de pilotage des infrastructures de transport (systèmes d’aiguillages, signalisation, contrôle des conteneurs).
Ainsi, la compromission d’un poste de travail administratif par ingénierie sociale ne peut pas se propager aux systèmes d’exploitation critiques.
Les opérateurs d’infrastructures critiques doivent également appliquer une gestion des accès à privilèges rigoureuse. Cela, en supprimant systématiquement les mots de passe configurés par défaut sur les caméras IP ou les routeurs industriels. Et en imposant l’authentification multifacteur (MFA) pour toute intervention technique à distance.
Enfin, il faut activer systématique des protocoles de protection de trames sans fil (norme 802.11w). Tout cela, pour réduire l’exposition des hubs logistiques aux attaques par désauthentification de proximité.
FAQ : Ce que les professionnels retiennent en 2026
Le rapport cite particulièrement le transport ferroviaire et la logistique maritime. En France, des entités comme la SNCF ou les grands ports autonomes sont en état d’alerte permanente.
Oui. Les attaquants utilisent désormais l’IA pour automatiser la découverte de failles dans les systèmes OT et pour créer des campagnes de phishing ultra-ciblées (Spear Phishing) contre les opérateurs techniques.
La recommandation principale est la micro-segmentation des réseaux : isoler les systèmes critiques les uns des autres pour qu’une intrusion dans un bureau administratif ne puisse pas atteindre le système de pilotage des machines.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.