Une fuite de données au Danemark aurait exposé les informations personnelles de près de 9 millions de personnes, dont des citoyens décédés. Pour Anouck Teiller, dirigeante chez HarfangLab, les risques de fraude pourraient persister bien après l’attaque.
Les pirates auraient obtenu des noms, des adresses et des numéros CPR, les identifiants personnels utilisés au Danemark. Ces informations pourraient servir à usurper des identités ou à préparer des escroqueries ciblées. Anouck Teiller, CEO Deputy chez HarfangLab, alerte sur les conséquences de cette compromission. Dans sa prise de position, elle insiste sur les risques liés aux accès sensibles et à l’exploitation des données volées.
Des données personnelles exploitables pour de nouvelles fraudes
L’incident aurait touché une base contenant les informations de près de 9 millions de personnes, y compris des personnes décédées. Les auteurs de l’intrusion ne sont pas encore identifiés, selon les éléments rapportés.
Les données concernées comprennent notamment des noms, des adresses et des numéros CPR. Leur association pourrait faciliter la création de messages frauduleux crédibles. Les cybercriminels disposent alors de renseignements précis pour personnaliser leurs tentatives de phishing.
Anouck Teiller souligne que le vol initial peut déclencher une succession d’attaques. Les informations dérobées peuvent aussi être croisées avec celles issues d’autres violations de données. Une entreprise ou une administration pourrait ainsi devenir la prochaine cible.
L’intelligence artificielle facilite le croisement des informations
L’intelligence artificielle ajoute une difficulté supplémentaire. Selon la dirigeante de HarfangLab, elle permet aux fraudeurs de réunir, trier et analyser rapidement des volumes importants de données personnelles.
Ces capacités accélèrent le rapprochement d’informations relatives à une même personne ou organisation. Les attaques peuvent alors exploiter des profils plus détaillés, construits à partir de plusieurs sources. Pour Anouck Teiller, l’arrêt des systèmes compromis ne marque donc pas nécessairement la fin d’une cyberattaque. Les données déjà récupérées peuvent alimenter de nouvelles opérations frauduleuses longtemps après l’intrusion initiale.
Les accès de confiance sous surveillance
Cette affaire soulève également la question des autorisations accordées aux utilisateurs et aux partenaires externes. Les organisations détentrices de données sensibles doivent limiter les accès aux besoins réels, estime Anouck Teiller.
La surveillance des comportements inhabituels constitue une autre priorité. Des consultations répétées ou des extractions massives peuvent notamment révéler une activité suspecte. La dirigeante attire aussi l’attention sur les agents IA de productivité. Leurs connexions aux moteurs de recherche, aux terminaux et aux serveurs multiplient les points d’accès potentiels.
Cette problématique concerne toute l’Europe. Les administrations et les entreprises échangent régulièrement des informations avec des prestataires et des systèmes interconnectés. Anouck Teiller appelle ainsi les pays européens à renforcer leur coopération, à partager leurs renseignements sur les cybermenaces et à coordonner leurs réponses.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.