Google paiera 314 millions de dollars pour des vols de données

Votre téléphone est éteint ? Google, lui, poursuit ses vols de données sans vous prévenir. Un tribunal californien vient de sanctionner cette pratique en infligeant 314 millions de dollars d’amende à la firme.

Selon les documents, un simple Samsung Galaxy S7 en veille envoie 8,88 Mo de données chaque jour. L’immense majorité de ces transferts concernait des échanges entre l’appareil et les serveurs de Google. Un plaignant résume : « Même quand tout semble arrêté, Google continue d’aspirer vos données mobiles ». Les tests ont révélé environ 389 échanges toutes les 24 heures, pour des fichiers journaux souvent non urgents.

Les plaignants soulignent que Google aurait pu limiter ces transferts au Wi-Fi. Pourtant, l’entreprise a préféré les réaliser via le réseau mobile. Cette méthode détourne les forfaits des utilisateurs à l’insu de tous. L’action en justice stipule que « ces charges obligatoires et inévitables » profitent uniquement à Google, sans compensation.

Une autre expérience, réalisée en 2018, montre un navigateur Chrome ouvert mais inactif provoquant 900 transferts. L’iPhone comparé à l’appareil Android n’a généré que très peu d’échanges. Les experts ont mis en lumière les différences flagrantes de gestion des transferts entre les deux systèmes. Apple, selon eux, propose un meilleur contrôle à l’utilisateur.

Un procès long, mais décisif pour les utilisateurs Android

L’affaire, débutée en 2019, a connu son dénouement en juin 2025 après plusieurs années de procédures. Le jury a reconnu la responsabilité de Google et pointe des pratiques automatisées peu transparentes. Le système Android n’offre pas de blocage simple des transferts mobiles passifs. « Google aurait pu agir différemment, mais il a préféré exploiter nos données », déclarent les plaignants.

De son côté, Google défend ces vols de données en évoquant la sécurité et la performance des appareils Android. L’entreprise précise que les transferts sont mentionnés dans ses conditions générales. Selon elle, les utilisateurs donnent leur consentement en acceptant ces règles lors de l’installation. La firme compte faire appel du jugement.

Contexte plus large : les géants sous surveillance

La condamnation de Google survient après deux autres règlements judiciaires de 1,4 milliard de dollars au Texas. L’entreprise y était accusée de suivre la géolocalisation et de conserver des données biométriques sans accord explicite. Meta, de son côté, conteste aussi une sanction européenne de 200 millions d’euros sur son modèle publicitaire.

Ce procès montre une pression croissante sur les grandes plateformes concernant la gestion des données personnelles. Les utilisateurs ignorent souvent l’ampleur des échanges opérés en arrière-plan. Les législateurs cherchent désormais à rendre ces pratiques plus transparentes, tout en renforçant les droits numériques individuels.

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