Alors que la Coupe du Monde de Football 2026 approche, le monde sportif se prépare à un défi de taille hors des terrains : la cybersécurité. Longtemps perçu comme une cible secondaire, le secteur est désormais sous le feu des cybercriminels.
Les institutions sportives commencent à attirer les cybercriminels. Pour cause : un gisement de données sensibles et la visibilité planétaire des événements. Thomas Gayet, CEO de Scovery, plateforme de cybernotation, nous éclaire sur l’ampleur de la menace et les stratégies indispensables pour protéger cet écosystème en pleine effervescence numérique.
L’écosystème numérique de la Coupe du Monde de Football 2026 sous haute tension
Le sport est en effet devenu une cible de choix. Non par sa nature intrinsèque, mais par les opportunités qu’il offre aux attaquants. La gestion d’événements majeurs comme la Coupe du Monde de Football 2026 multiplie les points d’entrée potentiels. Elle transforme chaque interaction numérique en une vulnérabilité.
« Le secteur du sport est une cible intéressante non par nature, mais en raison du volume élevé de données personnelles monétisables et de la gestion d’événements, offrant des opportunités de chantage ou de perturbation » explique Thomas Gayet.
Les organisations sportives gèrent en fait une surface d’attaque externe particulièrement vaste et souvent sous-estimée. Elle englobe une multitude d’actifs numériques.
D’une part, ils donnent accès au public, comme la billetterie en ligne et les systèmes de paiement, les sites web officiels et les applications mobiles dédiées aux événements et aux fans. D’autre part, ils contiennent aussi des données sensibles sur les sportifs. Ce sont les données de performance et de santé des athlètes.
Ils sont aussi accessibles. Ceci via les réseaux Wi-Fi public mis à disposition dans les enceintes sportives. Et de là, ils peuvent offrir des interconnexions avec de multiples prestataires (diffusion, logistique, sécurité, merchandising).
Cette complexité conduit souvent les organisations à « défendre à l’aveugle », sans une visibilité claire sur l’intégralité de leur surface d’attaque externe. Le cyberscore moyen du secteur sportif en France (770/900) est aligné avec la moyenne nationale, mais se situe légèrement en dessous de la moyenne mondiale pour ce secteur hétérogène. La coordination d’un grand nombre d’entités, comme ce sera le cas pour la Coupe du Monde de Football 2026, représente donc un défi majeur en matière de cybersécurité.
Quand l’humain et l’IA amplifient la cybermenace pour la Coupe du Monde de Football 2026
L’erreur humaine reste le maillon faible dans la chaîne de sécurité. « Environ deux tiers des attaques exploitent une vulnérabilité exposée combinée à une erreur humaine, » souligne Thomas Gayet. Les cybercriminels tirent parti de l’actualité brûlante et de l’émotion des fans pour orchestrer des attaques ciblées, particulièrement durant un événement comme la Coupe du Monde de Football 2026.
Le Phishing et l’ingénierie sociale exploitent l’engouement autour de la Coupe du Monde de Football 2026. Les criminels proposent de fausses offres de billets, organisent des concours frauduleux. Le manque de sensibilisation des utilisateurs finaux est aussi un catalyseur.
Cependant, l’erreur humaine est aussi amplifiée par l’ingéniosité croissante des attaquants. L’accessibilité de nouvelles technologies comme l’Intelligence Artificielle joue aussi un rôle. L’IA générative facilite la création de deepfakes (fausses vidéos, audios) et de messages frauduleux ultra-crédibles, rendant la détection plus difficile.
Les vulnérabilités des API (Interfaces de Programmation d’Application) facilitent l’interconnexion des services. Cependant, elles peuvent devenir des portes d’entrée pour l’extraction massive de données si elles sont mal sécurisées. Et la fragmentation numérique, c’est-à-dire la multiplication des applications et des services d’inscription dans le sport, étend mécaniquement la surface d’attaque des organisations.
Préparer l’avenir de la cybersécurité dans le sport
Face à ces enjeux, la cybersécurité doit devenir une composante intégrale de la stratégie de toute organisation sportive. Thomas insiste qu’« aucune structure n’est trop petite pour intéresser un attaquant, » toute organisation peut être ciblée, qu’elle soit grande ou petite. La préparation de la Coupe du Monde de Football 2026 doit être l’occasion d’une montée en compétence généralisée.
Pour reprendre le contrôle et se prémunir efficacement, les acteurs du sport doivent adopter des mesures concrètes.
“La première étape fondamentale est la cartographie complète de sa surface d’attaque externe, incluant les services oubliés et les interconnexions, afin de savoir ce qui doit être protégé, » insiste le CEO de Scovery. Une cartographie exhaustive de la surface d’attaque externe permet donc d’identifier tous les actifs numériques exposés sur Internet, y compris ceux gérés par des prestataires.
Il faut accompagner cette mesure d’une sensibilisation continue. Les organisations ont la responsabilité et l’intérêt de former régulièrement tous les acteurs, des salariés aux bénévoles, aux risques et aux bonnes pratiques de cybersécurité.
Une sécurisation rigoureuse est de mise. Les API et les interfaces avec les prestataires doivent avoir une protection pour prévenir les extractions de données tandis que l’authentification multifacteur (MFA) doit être en place pour tous les accès critiques aux systèmes et données. L’adoption d’une hygiène cyber proactive et régulière est essentielle.
Les fans sont une cible privilégiée. Thomas Gayet conseille une vigilance constante : « Il faut raison garder. Si la proposition est trop alléchante, il faut la remettre en question. Utilisez uniquement les billetteries officielles et vérifiez systématiquement l’identité des émetteurs. »
Cependant, la prise de conscience progresse, notamment sous l’impulsion de réglementations comme le RGPD et les retours d’expérience suite aux attaques récentes. La cybersécurité constitue une « course sans fin » avec les attaquants. Le secteur sportif est en passe de monter en maturité, faisant de la protection des données une composante aussi essentielle que la préparation physique des athlètes.
Pour aider les organisations sportives à évaluer leur exposition, Scovery propose un cyberscore gratuit via son application World Cyber Ranking, un premier pas essentiel pour toute structure souhaitant évaluer son risque et renforcer ses défenses.