Fermeture de Liberty Reserve : quel impact sur la cybercriminalité ?

Coup de tonnerre sur les Black Market, ces places de marché cybercriminelles où se vendent / se louent / s’achètent des numéros de cartes bancaires, des malwares, des services de DDoS à la demande ou encore des comptes PayPal (voir livre blanc de CEIS). Le fondateur de la monnaie virtuelle Liberty Reserve, très largement plébiscitée par les cybercriminels pour son opacité (transactions anonymes, aucune vérification d’identité, aucun plafond de transaction…) a été arrêté en Espagne vendredi dernier dans le cadre d’une investigation portant sur des accusations de blanchiment d’argent et impliquant notamment les autorités américaines.

C’est un véritable coup dur pour les groupes cybercriminels qui utilisaient massivement LR pour leurs transactions illégales. Brian Krebs en parle plus en détails sur son blog en analysant les réaction qu’il a pu constater sur les forums de Black Market. Bizarrement en France, à part Zataz, peu de sites / blogs ont repris l’information. Pourtant la cybercriminalité pourrait être fortement impactée (à court terme) par le démantèlement de Liberty Reserve. Car les fonds seraient bloqués et donc perdus pour les cybercriminels (et les autres utilisateurs légaux de ce système ?). Et on peut penser que les montants pourraient représenter des (dizaines) de millions de dollars (voire beaucoup plus). Un argent virtuel qui « était » assez facilement convertible en argent réel via des techniques de blanchiment.

Evidemment il ne faut pas crier victoire trop rapidement car, comme par le passé, les cybercriminels ne tarderont pas à mettre en place de nouveaux systèmes de paiement « opaques » pour blanchir leur argent… Liberty Reserve avait remplacé WebMoney. Il reste à déterminer qui va remplacer Liberty Reserve…

Mais c’est une (petite) victoire contre les systèmes mafieux qui aident et profitent de la cybercriminalité pour s’enrichir sans prendre trop de risques (jusqu’à aujourd’hui). Et ça me renforce dans l’idée que ce n’est qu’en s’attaquant aux portefeuilles des cybercriminels et de leurs intermédiaires qu’on pourra vraiment commencer à lutter contre ce phénomène. Et ça passe notamment par une meilleure coopération judiciaire et une volonté politique forte. N’oublions pas que Liberty Reserve était basée au Costa Rica… un paradis fiscal…

Affaire à suivre !

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2 réflexions au sujet de “Fermeture de Liberty Reserve : quel impact sur la cybercriminalité ?”

  1. Salut Nicolas,
    L’accusation américaine parle de 6 milliards de dollars « blanchis » via LR depuis sa création. Il s’agirait du plus grand système de blanchiment jamais démonté. Aucun chiffre sur le montant gelé à l’heure actuelle en revanche.
    Merci pour l’article!

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