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La Bretagne, pôle d’excellence en matière de cyberdéfense / cybersécurité ?

Amis bretons, votre belle région se prépare à devenir le nouveau pôle d’excellence de la cyberdéfense et de la cybersécurité en France. Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas la région parisienne qui est mise en avant mais bien la Bretagne.

La cybersécurité et la cyberdéfense représentent deux enjeux majeurs pour notre pays. Que ce soit pour nos entreprises, nos administrations ou nos forces armées, la sécurité de nos systèmes d’information et de nos infrastructures vitales est devenue une priorité et d’importants moyens commencent à y être consacrés. Mais pour mettre tout ça en oeuvre et sécuriser nos réseaux, nous avons besoin d’une main d’oeuvre qualifiée (ingénieurs, techniciens spécialisés) en cybersécurité et de chercheurs pour alimenter entreprises et forces armées.

La DGA – MI en force

La Bretagne y jouera un rôle important. Tout d’abord, au niveau militaire, par le renforcement des effectifs de la DGA – MI (Direction Générale de l’Armement – Maîtrise de l’Information) basé à Bruz (35). C’est le ministre de la Défense, lui même, qui était venu l’annoncer le 7 septembre 2012. Ainsi Jean-Yves Le Drian a officialisé la création de 200 emplois principalement dans le secteur de la cyberdéfense. Puis au niveau de l’économie locale, le ministre de la Défense, ancien président de la région Bretagne, a également signé un accord de partenariat son ancien fief pour le développement des activités de recherche et d’industrie duales (dont les applications peuvent servir à la fois dans les domaines militaire et civil). Il va sans dire qu’en matière de sécurité informatique, les technologies sont évidemment pour la plupart duales (avec les dérives qu’on peut connaître parfois…).

Pôle d’excellence en matière de formations en cyberdéfense

Mais c’est également au niveau de la recherche et de l’éducation que la région Bretagne va s’affirmer comme un pôle d’excellence. En 2012 a ainsi été inauguré la première chaire de cyberdéfense et cybersécurité Saint-Cyr Sogeti Thales. Elle répond à plusieurs besoins : “accroître et consolider le niveau d’excellence des différents partenaires dans le domaine de la formation et de la recherche ; faciliter un contact direct entre les mondes civil et militaire ; et entreprendre des actions communes de recherche, de développement, de conseil et de formation. »

On retrouve également en Bretagne des écoles d’ingénieurs spécialisés, notamment, dans le domaine des télécommunications. La plus célèbre d’entre elles, Telecom Bretagne (campus de Rennes) propose un cursus de Mastère “Cybersécurité” et qui a comme partenaire la DGA-MI mais aussi Orange Business Services et l’incontournable ANSSI.

Plus au sud dans le Morbihan, depuis peu (habilité par la CTI le 13 février 2013), une formation cyberdéfense de l’école d’ingénieurs de l’université de Bretagne Sud (ENSIBS) a été créée. Pour son directeur, Charles Préaux, c’était une priorité de lancer une telle école : “Le maître mot, c’est qu’il nous faut de toute urgence des ingénieurs formés à la cyberdéfense. C’est un énorme besoin, il n’y a même pas de doute”. Les futurs étudiants (en apprentissage) pourront compter sur l’expérience de formateurs venus d’horizon très différents : enseignants chercheurs, experts étatiques (ANSSI et autres) mais aussi experts d’entreprises comme Alcatel-Lucent, Orange, Thales, Capgemini… Seul bémol, seuls 25 étudiants pourront tenter leur chance (pour le moment ?). C’est encore trop peu pour répondre aux besoins du secteur public et privé.

Un cyber avenir radieux ?

Ces écoles “civiles” sont situées à proximité d’écoles militaires comme celles de Saint-Cyr Coëtquidan mais aussi de l’École des Transmissions qui a fait de la cyberdéfense sa nouvelle priorité.

Il est donc assez probable que des partenariats se créent entre les deux monde en associant également les grandes entreprises de la région (Orange, Alcatel-Lucent…) et la DGA – MI. Il serait intéressant d’imaginer des passerelles entre ces écoles, l’armée et les entreprises pour constituer des parcours de carrière public-privé dans le secteur de la cyberdéfense / cybersécurité.

Le Grand Ouest, de façon plus globale, pourrait donc devenir à moyen terme un bassin d’emploi intéressant pour les experts en cybersécurité (car malheureusement la plupart des profils sont basés en région parisienne). Car, outre les formations, cela pourrait amener des entreprises de la région à se spécialiser dans les secteurs de la cyberdéfense / cybersécurité ou permettre aux entreprises historiques comme Alcatel-Lucent de se relancer sur ce nouveau segment porteur, investi par les grandes entreprises de défense et sécurité (Thales, Cassidian CyberSecurity).

 

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1 Comments

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  1. Je ne suis pas trop d’accord avec cet article.
    En effet, sans dénigré la Bretagne, les grandes écoles sont concentrées en Ile-de-france (fleurons francais).
    De plus, pour parler sécurité nationale, DCRI, ANSSI, CEA et autres sont tous situés en Ile-de-France.

    Éternel problème de la France : la centralisation, tout est à Paris. Les meilleurs prof. sont donc à Paris car c’est là qu’il y a le boulot (grandes écoles, 16 universités etc.)

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