Une commission du Sénat américain a lancé une offensive majeure pour forcer l’entreprise de Mark Zuckerberg à livrer ses secrets les mieux gardés. Les sénateurs exigent l’accès à toutes les données internes sur Instagram. Les études et les communications sur l’impact de ses plateformes sur la santé mentale des ados.
Ce qui n’était que des soupçons pourrait bientôt devenir une vérité accablante. Révélée au grand jour.
L’étau se resserre autour de Mark Zuckerberg
Ce n’est pas la première fois que Meta est dans le viseur des politiques mais l’intensité de cette nouvelle enquête est inédite. La commission du Commerce du Sénat a lancé une investigation bipartite, démocrates et républicains sont unis. Ce qui montre la gravité du sujet.
Ils ne se contentent plus des déclarations publiques de l’entreprise. Ils veulent voir ce qui se passe vraiment en coulisses. Le message est clair : la patience des politiques américains a des limites. Et elles viennent d’être atteintes.
Les « Facebook Papers », le péché originel
Cette offensive est la conséquence directe des révélations fracassantes des « Facebook Papers » Par la lanceuse d’alerte Frances Haugen. Ces documents internes avaient révélé une chose. Facebook savait, grâce à ses propres études, qu’Instagram avait un effet dévastateur sur la santé mentale de nombreuses adolescentes.
Loin de prendre des mesures radicales, l’entreprise avait choisi de minimiser publiquement ces résultats. Pour ne pas nuire à son business. C’est ce double discours que les sénateurs veulent aujourd’hui exposer.
Ce que les sénateurs veulent savoir
La demande des sénateurs est d’une précision chirurgicale. Ils réclament l’accès à toutes les recherches internes menées par Meta depuis 2018. Sur l’impact de ses produits sur les jeunes. Ils veulent savoir comment les algorithmes peuvent entraîner les ados dans des spirales de contenus négatifs Pro-anorexie, automutilation… Surtout, ils exigent de voir les communications internes entre les hauts dirigeants pour savoir qui était au courant de ces dangers et pourquoi rien n’a été fait.
Un risque de parjure pour les dirigeants de Meta ?
Cette enquête place les dirigeants de Meta, et Mark Zuckerberg en premier, dans une position très délicate. En 2021, lors d’une audition sous serment, plusieurs d’entre eux avaient affirmé que leurs plateformes n’étaient pas nocives pour les enfants. Si les documents que le Sénat s’apprête à obtenir prouvent le contraire, ces déclarations pourraient être requalifiées en parjure. Et ça, aux États-Unis, c’est un délit pénal très grave.
Vers une régulation plus stricte des réseaux sociaux ?
Au-delà du sort de Meta, cette confrontation pourrait être le début d’une régulation beaucoup plus stricte du secteur. En exposant publiquement les stratégies d’une entreprise qui a sciemment ignoré les risques pour préserver ses profits, les sénateurs espèrent créer un électrochoc.
L’objectif est de mettre en place une loi qui imposerait aux plateformes un « devoir de diligence ». Les rendant légalement responsables des contenus dangereux qu’elles diffusent aux mineurs. La bataille qui s’engage n’est pas seulement celle du Sénat contre Meta. C’est celle de la protection de l’enfance contre la logique du profit.



