Le géant des réseaux sociaux sort son chéquier pour éviter un procès public embarrassant. Chez Meta, Mark Zuckerberg et ses proches préfèrent payer une amende plutôt que témoigner sous serment.
Les dirigeants de Meta ont conclu un accord de 8 milliards de dollars pour clore une plainte historique. Ce règlement intervient après des années de procédures entamées par des actionnaires en 2018 contre Facebook. Le procès accusait Mark Zuckerberg et ses collaborateurs d’avoir négligé les engagements pris envers la FTC.
Les plaignants pointaient un laxisme prolongé face aux violations répétées de la vie privée sur Facebook. L’audience s’annonçait tendue, avec une comparution prévue du PDG dès la semaine suivante. L’annonce subite de l’accord a surpris les observateurs, qui y voient une manœuvre de contournement calculée.
Des accusations lourdes de conséquences
Les plaignants réclamaient que les dirigeants de Meta utilisent leur fortune personnelle pour compenser les pertes. Selon eux, ces fautes ont coûté des milliards de dollars à l’entreprise en amendes et dégâts d’image. Ils affirmaient que Zuckerberg et Sheryl Sandberg ont « sciemment dirigé Facebook comme une plateforme de collecte illégale de données ».
Les responsables ont catégoriquement rejeté ces allégations, parlant d’« affirmations extrêmes ». Pourtant, aucun n’a souhaité contester publiquement ces accusations devant la cour. Comme l’a résumé l’avocat des actionnaires, « l’accord a été conclu rapidement ».
La firme a déjà payé plusieurs factures astronomiques pour des violations de la vie privée. En 2019, la société a versé 5,1 milliards de dollars à la FTC pour pratiques trompeuses. Cette somme, que Meta assume, représente la part la plus importante de l’amende actuelle estimée à 8 milliards. Cette sanction faisait suite au scandale Cambridge Analytica, qui avait révélé l’exploitation non autorisée de 50 millions de profils.
D’autres pénalités sont venues alourdir l’addition, notamment en Europe. Meta a écopé de 1,2 milliard d’euros pour transfert illégal de données vers les États-Unis. Les actionnaires estiment que la facture totale doit retomber sur les dirigeants responsables.
Des documents sensibles et des silences révélateurs
L’accord met fin à une procédure judiciaire qui aurait pu exposer des pratiques internes embarrassantes. Sheryl Sandberg, ancienne directrice des opérations, avait déjà été sanctionnée pour destruction de preuves. Elle avait supprimé des courriels sensibles liés à l’affaire Cambridge Analytica.
Zuckerberg échappe également à un interrogatoire sous serment, prévu dans les jours suivants. La Cour de chancellerie du Delaware reste la gardienne des documents. Des groupes d’intérêt public pourront consulter certaines pièces après la clôture définitive du dossier.
Un climat de défiance qui s’accentue
La réputation de Meta reste fragilisée par l’accumulation de scandales liés à la vie privée. La fuite massive d’utilisateurs de WhatsApp vers Telegram et Signal reflète une inquiétude croissante. Une récente fuite sur Instagram a ravivé les doutes mondiaux sur la gestion des données personnelles. Malgré des engagements répétés, Meta est accusée d’ignorer systématiquement la confidentialité des utilisateurs. La promesse de transparence est devenue un slogan creux, selon plusieurs experts du secteur.



