Les microgrids en courant continu offrent une solution innovante face aux cyberattaques. Une approche qui renforce la sécurité et la souveraineté énergétique.
La digitalisation des réseaux électriques ouvre la voie à des optimisations inédites, mais elle accroît aussi leur vulnérabilité aux cyberattaques. Face à ce défi, la Fondation Current/OS met en avant les microgrids en courant continu (DC) comme alternative crédible. Parce que cette architecture isole les menaces et renforce l’autonomie locale, elle apparaît comme une solution stratégique pour assurer la résilience et la souveraineté énergétique.
Des réseaux électriques devenus fragiles face au numérique
Jadis, les réseaux d’électricité fonctionnaient de manière isolée, sans dépendance aux systèmes numériques. Mais l’intégration massive d’outils de pilotage cloud et de capteurs connectés a bouleversé l’équilibre. Aujourd’hui, le piratage, les ransomwares et la manipulation de données énergétiques figurent parmi les risques les plus importants pour les opérateurs. Ce glissement, bien qu’il permette une meilleure gestion des ressources, expose les infrastructures à des vulnérabilités inédites.
Lors du webinaire organisé le 22 mai 2025, la Fondation Current/OS a rappelé que la dépendance des réseaux électriques aux communications numériques constitue un danger systémique. Comme l’a souligné Yannick Neyret, président de la fondation : « Nous ne pouvons plus vivre sans électricité. C’est pourquoi nous ne pouvons pas laisser la disponibilité de l’électricité dépendre du réseau de communication. »
Les microgrids DC : une architecture résiliente
Les microgrids en courant continu offrent une réponse technique et organisationnelle à ces menaces. Leur fonctionnement repose sur une logique décentralisée : chaque appareil adapte sa consommation et sa production selon la tension disponible, sans attendre d’instructions d’un serveur externe. Cette autonomie réduit drastiquement la surface d’attaque pour d’éventuels pirates informatiques. Un autre atout réside dans le convertisseur d’interface (Interlink Converter).
Ce dispositif agit comme une frontière technique entre le microgrid local et le réseau principal. En cas de cyberattaque ou de perturbation, il isole la menace et évite une propagation au système local. De plus, la possibilité de fonctionner en mode “îlot” assure une continuité énergétique même lors d’une coupure générale. En pratique, cette approche garantit une distribution stable et priorisée. Elle permet aussi d’éviter les failles classiques liées aux objets connectés ou aux logiciels cloud. Une orientation qui attire l’attention de plus en plus d’acteurs de la filière énergétique européenne.
Se lancer dans une souveraineté énergétique locale sécurisée
La Fondation Current/OS défend une vision ambitieuse : transformer la conception des réseaux électriques en Europe pour les rendre plus autonomes, sûrs et souverains. La cybersécurité devient ici indissociable de l’indépendance énergétique. Face aux menaces croissantes, miser sur des infrastructures locales, numériques et décentralisées apparaît comme une nécessité stratégique. Cette perspective s’inscrit aussi dans une transition énergétique où la résilience prime autant que la performance.
La question soulevée par Current/OS dépasse donc la simple technique. Elle interpelle directement décideurs politiques, industriels et collectivités sur l’urgence de bâtir des réseaux capables de résister aux chocs, qu’ils soient technologiques ou géopolitiques. Vous l’aurez compris ! La bataille pour l’énergie de demain ne se jouera pas uniquement sur le terrain de la production, mais aussi sur celui de la cybersécurité et de la souveraineté des réseaux. Les microgrids en courant continu pourraient bien devenir l’une des pièces maîtresses de cette équation.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.