Face aux besoins en protection des données, l’école d’ingénieurs Efrei ouvre une section de compétition technique pour ses étudiantes. Le programme rassemble trente membres pour favoriser l’entraide et créer de nouvelles vocations.
Les attaques informatiques à répétition et les vols de données maintiennent les recruteurs du numérique sous pression. Selon le cabinet Robert Half, la cybersécurité s’impose comme la compétence la plus prisée par 47 % des professionnels de la tech au premier semestre 2026. La filière manque toutefois de mixité. L’Efrei lance donc la structure SHEFREI pour inciter les jeunes femmes à choisir ces métiers.
Une immersion par la pratique technique
L’équipe se prépare spécifiquement pour les tournois Capture The Flag (CTF). Trente étudiantes, issues des divers cursus de l’établissement, forment ce premier groupe. Le niveau s’étend des débutantes aux spécialistes confirmées. Les séances de coaching abordent des disciplines pointues comme l’analyse numérique (forensic) et la recherche de renseignements en sources ouvertes (OSINT). Les membres résolvent des challenges pratiques et assimilent la culture du domaine.
Fériel Bouakkaz, enseignante-chercheuse à la tête de SHEFREI, explique avoir conçu ce dispositif pour empêcher l’autocensure. Elle voit cet environnement collaboratif comme un outil d’initiation efficace pour les nouvelles inscrites. Elles acquièrent les bases de la sécurité des systèmes à leur rythme, en parallèle de leur parcours académique classique.
Des professionnelles pour accompagner les étudiantes
Le développement technique passe par l’intervention régulière d’expertes du secteur. Des activités de cohésion de groupe et des visites de sites d’entreprises complètent le calendrier d’entraînement. L’école s’appuie en complément sur un partenariat avec le Cercle des Femmes de la Cybersécurité (CEFCYS) pour mettre en place un système de mentorat sur mesure.
Cette dimension collective accélère les opportunités de carrière. Iman Ouachtar, en dernière année de majeure cybersécurité, précise avoir trouvé son alternance grâce aux discussions avec les autres participantes. La future ingénieure confirme que cette mise en avant des profils féminins l’aurait d’ailleurs décidée à choisir cette voie plus tôt si le club avait existé durant sa classe préparatoire.
Une intégration au cœur du centre d’expertise
Les femmes occupent tout juste 22 % des fonctions liées à la cybersécurité dans le monde, selon l’étude de l’ISC2 publiée en 2025. L’établissement scolaire, qui affiche 25 % d’étudiantes dans ses effectifs globaux, déploie cette initiative pour bousculer ces statistiques. Elle intègre SHEFREI à son Cyber’Hub.
Ce pôle interne réunit les enseignants, les partenaires industriels et les diplômés. L’objectif final consiste à consolider une communauté pérenne sur le campus. Les élèves engagées dans la section préparent désormais leurs prochains défis pour confronter leurs méthodes de défense aux autres équipes du circuit.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.